Indemnités de fin de carrière : à quoi s’attendre en 2026 ?

1 octobre 2026

Accueil » Retraite » Indemnités de fin de carrière : à quoi s’attendre en 2026 ?
Sommaire de l'article

Les Français travaillent de plus en plus tard. En 2025, 44,4 % des 60-64 ans occupaient encore un emploi, selon l’Insee, contre 42,4 % en 2024. Pour l’ensemble des 50-64 ans, le taux d’emploi atteint 69,2 % en 2025, son plus haut niveau depuis 1975 

Pour les salariés qui approchent de la retraite, une question devient alors très concrète : quelle indemnité vont-ils toucher en quittant leur entreprise ?

L’indemnité de départ à la retraite dépend principalement de l’ancienneté, du salaire et des dispositions prévues par la convention collective. Et le minimum fixé par la loi est parfois loin du montant réellement versé. En 2026, connaître ces règles permet surtout d’éviter une mauvaise surprise au moment de préparer son départ.

 

Quelle indemnité de départ à la retraite peut-on toucher en 2026 ?

Lorsqu’un salarié quitte volontairement son entreprise pour prendre sa retraite, il bénéficie d’une indemnité légale s’il justifie d’au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise.

Le minimum prévu par le Code du travail est le suivant :

Ancienneté dans l’entrepriseIndemnité légale minimale
De 10 à moins de 15 ans0,5 mois de salaire
De 15 à moins de 20 ans1 mois
De 20 à moins de 30 ans1,5 mois
30 ans et plus2 mois

Un salarié comptant 25 ans d’ancienneté peut donc prétendre au minimum à 1,5 mois de salaire. Avec 32 ans d’ancienneté, le minimum passe à deux mois.

Mais attention : ces montants constituent un plancher légal, pas nécessairement la somme que vous percevrez. Une convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat de travail peut prévoir une indemnité plus favorable.

 

Comment est calculée l’indemnité de départ à la retraite ?

L’ancienneté n’est pas la seule donnée à regarder. Il faut également déterminer le salaire qui servira de base au calcul.

La réglementation retient la formule la plus favorable au salarié entre le douzième de la rémunération brute des douze derniers mois et le tiers des trois derniers mois.

Dans ce second calcul, les primes annuelles ou exceptionnelles versées pendant cette période sont prises en compte proportionnellement.

Prenons un salarié disposant de 32 ans d’ancienneté et d’un salaire de référence de 3 500 € brut par mois. Le minimum légal correspond à deux mois de salaire, soit 7 000 € brut.

Ce calcul fournit une première estimation. Il ne faut toutefois pas en déduire trop vite qu’il s’agit du montant définitif.

 

Peut-on toucher davantage que le minimum légal ?

Oui, et c’est probablement la vérification la plus importante à effectuer avant son départ.

Une convention collective peut prévoir un barème beaucoup plus favorable que celui du Code du travail. Reprenons notre salarié à 3 500 € brut. Si les dispositions qui lui sont applicables lui accordent quatre mois de salaire après 30 ans d’ancienneté, son indemnité atteindrait 14 000 € brut au lieu du minimum légal de 7 000 €.

Autrement dit, avant de faire ses calculs à partir du seul barème légal, mieux vaut vérifier sa convention collective : le minimum prévu par la loi n’est pas forcément le montant que l’employeur devra verser.

Le nom de la convention collective applicable figure généralement sur le bulletin de paie. Un accord d’entreprise ou le contrat de travail peut également prévoir des conditions plus avantageuses.

Du côté de l’employeur, ces sommes représentent une dépense qui doit être anticipée. Des organismes comme Malakoff Humanis proposent notamment aux entreprises des solutions destinées à préparer le financement de leurs indemnités de fin de carrière. Pour le salarié, ce mode de financement ne change pas le premier réflexe à avoir : vérifier précisément les droits qui lui sont applicables.

 

un employé agé en rendez-vous avec son rH

 

Départ volontaire ou mise à la retraite : ce n’est pas la même chose

Une confusion fréquente consiste à mettre tous les départs à la retraite dans la même catégorie. Or, juridiquement, l’initiative du départ est déterminante.

Si le salarié décide de partir à la retraite, les règles du départ volontaire s’appliquent.

Si c’est l’employeur qui prend l’initiative d’une mise à la retraite, l’indemnité ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Son calcul repose sur un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à dix ans, puis un tiers de mois par année au-delà.

La distinction n’est pas anodine : pour une longue carrière dans la même entreprise, elle peut aboutir à des montants très différents.

Découvrez notre article : La retraite : un dossier épineux

 

Pourquoi faut-il aussi vérifier sa date de départ en 2026 ?

Le calendrier des retraites connaît de nouvelles évolutions en 2026. Pour certaines générations, les règles applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 modifient notamment l’âge légal de départ.

Pour la génération née en 1964, par exemple, l’âge légal applicable aux retraites prenant effet à partir de cette date est de 62 ans et 9 mois.

Cela ne modifie pas directement le barème légal de l’indemnité de départ volontaire à la retraite. En revanche, la date à laquelle un salarié peut effectivement faire valoir ses droits mérite d’être vérifiée avant d’organiser son départ.

À quelques mois de la retraite, mieux vaut donc distinguer deux démarches : vérifier ses droits et sa date possible de départ auprès de l’Assurance retraite, puis déterminer l’indemnité due par l’employeur.

 

Comment estimer votre indemnité avant votre départ ?

Quelques mois avant la date envisagée, quatre vérifications permettent d’obtenir une estimation beaucoup plus fiable :

  1. Calculez votre ancienneté exacte dans l’entreprise.
  2. Consultez votre convention collective au lieu de vous limiter au minimum légal.
  3. Vérifiez votre salaire de référence selon les règles applicables.
  4. Demandez une estimation chiffrée à votre employeur ou au service RH avant votre départ.

Un dernier point mérite également l’attention : les montants annoncés sont généralement exprimés en brut. Lors d’un départ volontaire à la retraite, l’indemnité est en principe soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales, hors situations particulières. 7 000 € brut d’indemnité ne signifient donc pas 7 000 € supplémentaires sur son compte bancaire.

 

FAQ sur les indemnités de fin de carrière en 2026

Ai-je droit à une indemnité avec moins de 10 ans d’ancienneté ?

Le Code du travail ne prévoit pas d’indemnité légale de départ volontaire à la retraite en dessous de 10 ans d’ancienneté. Une convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat de travail peut toutefois prévoir des conditions plus favorables.

L’indemnité de départ à la retraite est-elle imposable ?

En principe, oui dans le cadre d’un départ volontaire à la retraite. Des règles particulières existent cependant dans certaines situations. Il faut donc distinguer le montant brut de l’indemnité de la somme qui restera réellement disponible.

Où trouver le montant prévu par ma convention collective ?

Le nom de la convention collective applicable figure généralement sur le bulletin de salaire. Il est ensuite possible d’en consulter les dispositions relatives au départ à la retraite ou de demander directement à l’employeur ou au service RH le barème applicable.

 

Vérifier ses droits avant de fixer son départ

En 2026, le barème légal permet d’obtenir rapidement une première estimation de son indemnité de départ à la retraite. Mais il ne faut pas s’arrêter à ce chiffre.

Pour un salarié ayant une longue ancienneté, les dispositions conventionnelles peuvent faire une différence importante. Avant de fixer définitivement son départ, le bon réflexe consiste donc à vérifier sa convention collective, son ancienneté et son salaire de référence, puis à demander une estimation à l’entreprise.

Quelques vérifications suffisent parfois à constater que l’indemnité réellement due est sensiblement supérieure au minimum légal.

 

Pour aller plus loin :

La place du troisième pilier dans le système de retraite suisse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
24 ⁄ 12 =