Ethereum en 2026 : pourquoi reste-t-il la deuxième cryptomonnaie du marché ?

28 juillet 2025

Accueil » Crypto » Ethereum en 2026 : pourquoi reste-t-il la deuxième cryptomonnaie du marché ?
Sommaire de l'article

Depuis plus de dix ans, Ethereum occupe une place à part dans l’univers des cryptomonnaies. Son ether (ETH) reste en 2026 la deuxième crypto du marché par capitalisation, derrière le bitcoin. Pourtant, les candidats pour lui ravir cette place n’ont pas manqué.

Solana a gagné du terrain avec des transactions rapides et peu coûteuses. Avalanche, BNB Chain, Cardano ou plus récemment Sui ont également développé leurs propres écosystèmes. Sur certains critères purement techniques, Ethereum est même loin d’être systématiquement le meilleur élève.

Alors pourquoi reste-t-il devant ?

La réponse se trouve moins dans la vitesse de sa blockchain que dans tout ce qui s’est construit autour d’elle depuis 2015 : des développeurs, des applications, des milliards de dollars de liquidités et, surtout, des standards techniques devenus difficiles à contourner.

 

L’avantage d’Ethereum ne se résume pas à sa technologie

Une blockchain peut être extrêmement performante sur le papier. Sans utilisateurs, applications et capitaux, elle reste peu utile.

Ethereum profite ici d’un avantage classique en économie numérique : l’effet réseau. Plus un écosystème attire de monde, plus il devient intéressant pour les nouveaux arrivants.

En octobre 2026, Ethereum concentre encore autour de 50 milliards de dollars de valeur verrouillée dans les protocoles de finance décentralisée (DeFi). Environ 144 milliards de dollars de stablecoins sont également présents sur son réseau principal.

Ces montants donnent une idée de l’activité économique qui s’est installée autour de la blockchain.

Pour un nouveau projet de finance décentralisée, s’installer dans un écosystème où se trouvent déjà utilisateurs et liquidités présente un intérêt évident. De leur côté, les investisseurs ont tendance à privilégier les réseaux proposant déjà suffisamment d’applications et de marchés pour acheter, vendre ou déplacer leurs actifs facilement.

Le mécanisme finit par s’autoalimenter.

C’est probablement l’un des avantages les plus difficiles à copier pour Solana ou une blockchain plus récente. On peut développer une technologie plus rapide en quelques années. Reconstituer dix ans d’habitudes, d’outils et de capitaux est une autre affaire.

 

une pièce d'ethereum

 

L’ether est devenu bien plus que le jeton d’une blockchain

L’ETH sert notamment à payer les frais nécessaires au fonctionnement du réseau Ethereum, mais son rôle ne s’arrête plus là.

Au fil des années, un véritable marché financier s’est développé autour de l’actif.

Les ETF Ethereum au comptant américains, lancés en 2024, ont constitué une étape importante de cette évolution. Il existe également des contrats à terme et des options sur Ethereum permettant de construire des stratégies qui ne nécessitent pas forcément de conserver directement des ethers dans un portefeuille.

Le changement est loin d’être anecdotique.

Deux cryptomonnaies peuvent afficher des capitalisations importantes sans disposer de la même profondeur de marché ni du même nombre d’instruments financiers autour d’elles. Sur ce terrain, l’ancienneté d’Ethereum lui donne encore un avantage.

Cela ne rend évidemment pas l’ETH moins volatil et ne préjuge en rien de son prix futur. Mais lorsqu’on cherche à comprendre pourquoi Ethereum reste deuxième du marché, l’infrastructure financière développée autour de l’ether compte autant que les performances de la blockchain elle-même.

 

Les développeurs ont contribué à créer un standard

L’autre force d’Ethereum apparaît peu dans les graphiques de prix : son écosystème de développeurs.

Ethereum a largement contribué à populariser les smart contracts, ces programmes capables de s’exécuter automatiquement sur une blockchain. Ils ont ensuite permis le développement d’applications de finance décentralisée, de NFT et de nombreux projets de tokenisation.

C’est l’une des évolutions majeures permises par la blockchain et les cryptomonnaies.

Solidity, le langage historiquement associé aux smart contracts Ethereum, a lui aussi dépassé les frontières du réseau.

Un développeur qui maîtrise cet environnement peut travailler sur différentes blockchains compatibles avec l’Ethereum Virtual Machine (EVM). BNB Chain, Avalanche C-Chain ou Polygon ont par exemple adopté cette compatibilité afin de permettre aux développeurs de réutiliser plus facilement leurs outils et une partie de leur code.

La situation est assez révélatrice : certaines blockchains conçues comme des alternatives à Ethereum utilisent finalement ses propres standards techniques pour attirer des développeurs.

Cela ne signifie pas que tout passe par Ethereum. Solana utilise une architecture différente et a réussi à développer une communauté importante. Mais Ethereum a désormais quelque chose de plus difficile à remplacer qu’une simple blockchain : un environnement de travail connu par une grande partie de l’industrie.

 

Les Layer 2 ont changé la bataille

Pendant longtemps, les critiques adressées à Ethereum étaient assez simples : le réseau était relativement lent et les frais pouvaient devenir très élevés lors des périodes de forte activité.

Ethereum n’a pas répondu en essayant simplement de devenir la blockchain la plus rapide du marché.

Une partie de la solution est passée par les Layer 2, avec des réseaux comme Arbitrum, Base ou Optimism. Ils permettent de traiter davantage d’opérations en dehors de la couche principale tout en s’appuyant, selon leur architecture, sur Ethereum pour certaines fonctions essentielles.

C’est un peu comme si, face aux embouteillages dans Paris, on construisait des voies rapides en périphérie plutôt que de bâtir une nouvelle capitale.

Les évolutions techniques récentes d’Ethereum accompagnent cette stratégie. La mise à jour Pectra, déployée en mai 2025, a notamment augmenté les capacités utiles aux rollups. Fusaka, arrivée en décembre 2025, a poursuivi cette évolution avec PeerDAS.

En 2026, le développement continue avec Glamsterdam, nouvelle étape de la feuille de route d’Ethereum.

Autrement dit, Ethereum ne cherche plus forcément à faire passer toute l’activité directement par son réseau principal. Il cherche à devenir la couche sur laquelle repose un ensemble beaucoup plus vaste de réseaux.

 

des pièces d'ethereum

 

Le problème est que cette stratégie a créé son propre casse-tête

Sur le papier, les Layer 2 permettent à Ethereum de traiter beaucoup plus d’activité. Pour l’utilisateur, la situation n’est pas toujours aussi élégante.

Il peut aujourd’hui posséder des ETH sur Ethereum, utiliser une application sur Base puis devoir transférer d’autres actifs vers Arbitrum.

Tout appartient plus ou moins au même grand écosystème. Pourtant, les actifs ne se trouvent pas nécessairement sur le même réseau.

Il faut alors comprendre les bridges, les différents frais et parfois même pourquoi un token visible dans son portefeuille ne peut pas être utilisé immédiatement dans l’application souhaitée.

Cette fragmentation est devenue l’un des défis d’Ethereum.

Et c’est précisément là que Solana dispose d’un argument intéressant : une plus grande partie de son activité reste concentrée sur une seule blockchain.

Comparer Ethereum et Solana uniquement sur le nombre de transactions par seconde n’a donc plus beaucoup de sens. Les deux écosystèmes ont fait des choix d’architecture différents et doivent maintenant gérer les avantages, mais aussi les contraintes, qui en découlent.

 

Pourquoi Ethereum reste-t-il deuxième en 2026 ?

Pas parce qu’il serait imbattable.

Ethereum conserve surtout une accumulation d’avantages construits au fil des années : utilisateurs, développeurs, liquidités DeFi, stablecoins, outils financiers, standards EVM et désormais tout un réseau de Layer 2.

Un concurrent peut proposer des transactions plus rapides ou moins coûteuses. Recréer simultanément toutes ces couches est nettement plus compliqué.

Solana a néanmoins démontré qu’un écosystème alternatif pouvait attirer des utilisateurs, des développeurs et des capitaux. Et la fragmentation liée aux Layer 2 montre qu’Ethereum doit encore résoudre ses propres problèmes.

Pour l’investisseur, il faut également éviter un raccourci : une blockchain très utilisée ne garantit pas que son token prendra de la valeur. La technologie, l’adoption du réseau et la performance financière de l’actif restent trois choses différentes.

C’est aussi pourquoi les différentes façons d’investir dans les cryptomonnaies ne présentent ni le même fonctionnement ni les mêmes risques.

En 2026, Ethereum reste donc deuxième non parce qu’il aurait définitivement gagné la bataille technologique. Sa principale force est plus difficile à voir sur une fiche technique : Ethereum est devenu un écosystème économique entier, et un écosystème installé depuis plus de dix ans ne se remplace pas aussi facilement qu’une technologie.

Dernière modification le 22 octobre 2026 par Benoit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
22 × 1 =