Comment calculer la trésorerie d’une entreprise ?

10 février 2025

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Sommaire de l'article

La trésorerie est un indicateur clé de la santé financière d’une entreprise. Elle reflète sa capacité à honorer ses engagements à court terme et à saisir les opportunités d’investissement. Mais comment la calculer concrètement ? Découvrons ensemble la définition, la formule et la méthode pour un calcul de trésorerie précis et utile au pilotage de votre activité.

 

Définition et enjeux du calcul de trésorerie

Qu’est-ce que la trésorerie en entreprise ?

La trésorerie d’une entreprise correspond à l’ensemble des liquidités dont elle dispose à un instant T pour faire face à ses dépenses courantes. En langage comptable, il s’agit de la différence entre les actifs circulants (disponibilités, créances clients, stocks…) et les dettes à court terme (fournisseurs, échéances fiscales et sociales…).

Concrètement, imaginez votre entreprise comme un grand réservoir d’eau. Les entrées d’argent (ventes, emprunts…) remplissent le réservoir tandis que les sorties (achats, salaires…) le vident. Le niveau d’eau à un moment donné représente votre trésorerie disponible. S’il descend trop bas, vous risquez la panne sèche. S’il monte trop haut, vous immobilisez inutilement des ressources. L’objectif est de maintenir un niveau optimal en permanence.

Quel est l’objectif du calcul de trésorerie pour votre entreprise ?

Selon Fygr, calculer et monitorer régulièrement votre trésorerie vous permet de : vérifier si votre entreprise est solvable, prévoir les besoins en financement, optimiser et placer vos excédent et enfin monitorer vos performances.

Vérifier votre solvabilité :
Avez-vous suffisamment de cash pour payer vos factures, rembourser vos emprunts, verser les salaires ? Une trésorerie négative est un signal d’alerte qui doit vous inciter à trouver rapidement des solutions (découvert, affacturage, rééchelonnement de dettes…).

Anticiper vos besoins de financement :
En projetant vos encaissements et décaissements futurs, vous pouvez détecter les périodes de tension et vous organiser en conséquence. Par exemple, si vous devez faire face à une grosse échéance alors que la trésorerie est au plus bas, vous pourrez négocier une facilité de caisse avec votre banque.

Optimiser vos excédents :
A l’inverse, si votre trésorerie est régulièrement pléthorique, c’est que vous avez peut-être trop de cash dormant. Pourquoi ne pas envisager un placement rémunéré, un investissement productif ou un remboursement anticipé d’emprunt pour alléger vos frais financiers ?

Mesurer votre performance :
Le niveau et l’évolution de votre trésorerie reflètent la rentabilité de votre activité. Si elle se dégrade alors que votre résultat est bénéficiaire, c’est souvent le signe d’un problème d’efficacité (mauvaise gestion des stocks, allongement du délai clients, surinvestissement…). Un calcul de trésorerie régulier vous aidera à identifier ces dysfonctionnements.

On le voit, bien plus qu’un simple chiffre, la trésorerie est un véritable baromètre de la santé de votre entreprise. D’où l’importance de savoir la calculer de façon fiable et régulière. Voyons maintenant comment s’y prendre concrètement.

 

infographie

 

Formule de calcul de la trésorerie : explication et application

Détails de la formule de trésorerie

La formule de calcul de la trésorerie est en apparence très simple. Elle se résume ainsi :

Trésorerie = Actifs circulants – Dettes à court terme

Décryptons ces deux termes :

Les actifs circulants regroupent tous les éléments du patrimoine de l’entreprise qui peuvent être transformés en liquidités dans un délai inférieur à un an. On y trouve principalement :

  • Les disponibilités immédiates : caisse, compte bancaire, placement à court terme ;
  • Les créances clients et effets à recevoir (traites, billets à ordre…) ;
  • Les stocks de matières premières, produits finis et marchandises ;
  • Les charges constatées d’avance.

Les dettes à court terme correspondent à l’ensemble des engagements à échéance de moins d’un an :

  • Les dettes fournisseurs et effets à payer ;
  • Les dettes fiscales et sociales (TVA, impôts, salaires et charges à payer) ;
  • Les avances et acomptes clients ;
  • Les autres dettes d’exploitation (intérêts courus, dividendes à payer…) ;
  • La partie à moins d’un an des emprunts et dettes financières.

En soustrayant les secondes aux premiers, on obtient le montant net de trésorerie disponible. Facile, non ? Oui, mais le plus dur reste à faire : trouver les bons chiffres et les mettre à jour régulièrement !

Application du calcul pas à pas

Prenons le cas de l’entreprise Déco&Co qui vend des articles de décoration. Voici son bilan simplifié au 31 décembre :

Bilan simplifié de Déco&Co au 31/12/N (en milliers d’euros – K€)

ACTIFMontantPASSIFMontant
Immobilisations200Capital150
Stocks150Emprunt long terme250
Créances clients80Dettes fournisseurs100
Valeurs mobilières20Dettes fiscales et sociales50
Disponibilités130Autres dettes30
Total Actif580Total Passif580

Pour calculer la trésorerie, procédons étape par étape :

1. Calcul des actifs circulants

ÉlémentMontantCommentaire
Stocks150Peuvent être vendus dans l’année
Créances clients80Seront encaissées dans l’année
Disponibilités130Argent immédiatement disponible
Total360Total des actifs circulants

2. Calcul des dettes à court terme

ÉlémentMontantCommentaire
Dettes fournisseurs100À payer dans l’année
Dettes fiscales et sociales50TVA, charges sociales à régler
Total150Total des dettes court terme

3. Calcul final de la trésorerie

ÉlémentMontant
Actifs circulants360
Dettes à court terme-150
Trésorerie nette210

Analyse des ratios de trésorerie

RatioCalculRésultatInterprétation
Couverture des dettes CT210 / 1501,4Les liquidités couvrent 1,4 fois les dettes
Mois de dettes couverts(210/150) × 124 moisLa trésorerie couvre 4 mois de dettes
Part des actifs liquides(210/580) × 10036%36% du bilan est constitué de trésorerie

Cette présentation permet de mieux visualiser la décomposition du calcul et d’en tirer des conclusions importantes :

  1. La structure de la trésorerie est saine avec un excédent significatif de 210 K€
  2. L’entreprise dispose d’une bonne marge de sécurité financière
  3. La couverture des dettes à court terme est confortable (ratio de 1,4)

Points de vigilance à considérer :

  • La qualité des stocks (sont-ils facilement vendables ?)
  • Le comportement de paiement des clients (respectent-ils les délais ?)
  • Les échéances à venir non inscrites au bilan
  • La saisonnalité éventuelle de l’activité

Cette analyse statique devra être complétée par une analyse dynamique des flux de trésorerie prévisionnels pour avoir une vision plus complète de la situation financière de l’entreprise.

 

Comment améliorer la précision du calcul de trésorerie ?

Identifier et collecter les données financières

Pour piloter efficacement votre trésorerie, vous devez disposer de données fiables et à jour. Voici les principales sources à mobiliser :

  • Votre comptabilité générale : grand livre des comptes, journaux d’achats et de ventes, relevés bancaires… La balance âgée fournisseurs et clients vous donnera une vision précise des échéances à venir.
  • Vos outils de gestion commerciale : devis en cours, bons de commande, statistiques de vente… Ces données vous aideront à anticiper vos encaissements futurs.
  • Vos engagements contractuels : contrats de prêt, échéanciers d’emprunts, contrats de location, abonnements… A intégrer dans vos prévisions de décaissement.
  • Vos déclarations fiscales et sociales : TVA collectée, charges sociales, acomptes d’IS… Autant de flux à prendre en compte aux dates d’exigibilité.

L’idéal est de centraliser toutes ces informations dans un outil de suivi dédié (tableur, logiciel de trésorerie…) avec des mises à jour automatiques depuis vos différents logiciels de gestion. Vous gagnerez un temps précieux et limiterez les risques d’erreur.

Appliquer la formule étape par étape

Une fois vos données collectées, vous pouvez passer au calcul proprement dit. Je vous conseille de procéder en 3 étapes :

  1. Commencez par faire un point à date en appliquant la formule bilan sur le dernier mois écoulé. Vous obtiendrez votre trésorerie réelle à fin M-1, point de départ de votre prévisionnel.
  2. Projetez ensuite vos encaissements et décaissements attendus pour les 3 ou 6 prochains mois. Listez mois par mois toutes vos échéances connues ou prévisibles, en distinguant les flux certains (salaires, loyers…) et les flux probabilisés (ventes, commandes clients…). N’oubliez pas les décalages de TVA et d’IS.
  3. Calculez enfin, mois après mois, votre solde de trésorerie prévisionnelle en sommant algébriquement solde initial + encaissements – décaissements. Vous visualiserez ainsi les périodes de tension et les besoins de financement associés.

Vous pouvez enrichir progressivement votre prévisionnel en intégrant différents scénarios (retard de paiement client, décalage de commande, investissement non prévu…). Le but est d’identifier vos marges de manœuvre et vos seuils d’alerte.

Interprétation des résultats et ajustements

Une fois votre prévisionnel établi, prenez le temps d’analyser les résultats. Voici quelques points de vigilance :

  1. Un solde de trésorerie négatif ne signifie pas forcément que l’entreprise est en difficulté. Cela peut être conjoncturel (effet de saisonnalité) ou ponctuel (décalage de paiement). L’important est d’anticiper les périodes tendues et de prévoir des solutions de financement (découvert, escompte, affacturage…).
  2. Un solde de trésorerie positif mais en baisse est un signal d’alerte. Il faut en analyser les causes : baisse d’activité, allongement du délai clients, dégradation des marges… Et prendre rapidement les mesures correctives : relance client, renégociation des conditions fournisseurs, ajustement des prix…
  3. Un solde de trésorerie excédentaire doit aussi interroger. Avez-vous trop de stocks dormants ? Sous-exploitez-vous vos capacités de production ? Ne faudrait-il pas envisager des investissements productifs ou des placements rémunérés ?

Le calcul de trésorerie n’est pas une fin en soi. C’est un outil d’aide à la décision qui doit vous amener à vous poser les bonnes questions et à ajuster en permanence votre stratégie financière. L’objectif étant toujours de trouver le juste équilibre entre sécurité et rentabilité.

 

Dernier conseil : assurez un suivi régulier de votre trésorerie

Au final, mettre en place un suivi régulier de votre trésorerie vous apportera de multiples bénéfices, et surtout vous évitera de nombreux encombres. Pour vous en convaincre, voici nos arguments :

Amélioration de la prise de décision stratégique

Avec une visibilité à 3-6 mois sur vos flux financiers, vous êtes en capacité de prendre des décisions éclairées et proactives. Plutôt que de subir les événements, vous les anticipez et les intégrez à votre réflexion stratégique. Faut-il accélérer ce projet d’investissement ? Peut-on se permettre d’embaucher dès maintenant ? A quel rythme rembourser cet emprunt ? Avec un prévisionnel de trésorerie solide, vous avez les cartes en main pour arbitrer.

Prévention des risques de liquidités

Le risque majeur pour une entreprise, c’est de ne plus pouvoir faire face à ses engagements faute de cash disponible. Une défaillance de trésorerie peut vite dégénérer en cessation de paiement si elle n’est pas anticipée et traitée à temps. En suivant au plus près votre trésorerie, vous êtes à même de détecter les premiers signaux d’alerte et de prendre les mesures nécessaires : obtention d’un crédit court terme, mise en place d’une avance sur commande, mobilisation de créances…

Optimisation des flux financiers

Enfin, un pilotage fin de la trésorerie vous permet d’optimiser vos flux et d’améliorer votre performance financière. En maitrisant vos délais de paiement, vous réduisez votre BFR (Besoin en Fond de Roulement) et votre besoin de financement externe. En lissant vos décaissements, vous sécurisez votre solvabilité sans pour autant obérer votre rentabilité. En mettant vos excédents temporaires au travail, vous dégagez des produits financiers additionnels.

Alors, convaincu de l’intérêt de calculer régulièrement votre trésorerie ? Si c’est le cas, n’attendez plus pour vous y mettre ! Commencez modestement avec un simple tableur, puis passez progressivement à des outils plus élaborés au fur et à mesure de vos besoins. L’essentiel est de rentrer dans une logique d’anticipation et de pilotage. Votre trésorerie – et votre entreprise – vous diront merci !

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