Quitter l’hôpital pour le libéral : le choix de nombreux soignants

28 juillet 2025

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Ces dernières années, un mouvement de fond s’amplifie dans le secteur de la santé en France : de plus en plus de professionnels quittent l’hôpital public pour s’installer en libéral. Cette tendance, qui touche aussi bien les médecins que les paramédicaux, interroge sur l’attractivité de l’hôpital, les nouvelles aspirations professionnelles et les modèles d’exercice en mutation.

 

Un hôpital en crise d’attractivité

Les signaux d’alerte s’accumulent depuis plusieurs années. Le manque de moyens, la surcharge administrative, les plannings contraints, les salaires stagnants et le manque de reconnaissance figurent parmi les causes principales du désengagement des soignants hospitaliers.

Selon un rapport de la DREES publié en 2023, près d’un tiers des infirmiers diplômés en 2021 exerçaient déjà en libéral deux ans plus tard. Chez les kinésithérapeutes, cette proportion atteint près de 80 %, avec une très faible part restant dans le secteur public après quelques années d’exercice. La tendance se confirme également chez les orthophonistes et les sages-femmes.

Le modèle hospitalier, historiquement attractif par sa stabilité et ses garanties, semble aujourd’hui peiner à répondre aux attentes d’une nouvelle génération de soignants en quête de liberté, d’équilibre vie professionnelle/vie privée et de sens dans leur pratique.

 

Le libéral : autonomie, flexibilité et perspectives

L’un des premiers attraits du mode libéral est l’autonomie. Pouvoir organiser ses journées, choisir ses patients, adapter sa charge de travail ou encore diversifier son activité sont autant d’éléments valorisés par les soignants qui franchissent le pas.

À cela s’ajoutent des revenus souvent plus élevés, même si ceux-ci dépendent fortement du secteur géographique et du rythme de travail. Contrairement à l’image parfois perçue d’instabilité financière, de nombreux professionnels libéraux affirment trouver dans ce modèle une meilleure maîtrise de leur équilibre économique. Le revenu moyen d’une infirmière libérale dépasse aujourd’hui les 3 000 euros nets par mois selon l’URSSAF, contre environ 2 000 euros nets en début de carrière dans le secteur hospitalier.

Autre point souvent mis en avant : la relation avec le patient. Dans un cabinet ou lors de soins à domicile, les soignants disent retrouver une dimension humaine, de proximité, parfois perdue dans la cadence hospitalière.

 

une soignante qui remplit un dossier

 

L’exemple de l’infirmière libérale remplaçante : une transition en douceur

Parmi les modalités de passage vers l’exercice indépendant, le statut d’infirmière libérale remplaçante s’impose comme une voie prudente et intelligente.

Ce dispositif permet à une infirmière diplômée et ayant exercé au moins 18 mois de réaliser des remplacements chez des collègues déjà installés. Elle peut ainsi tester l’activité libérale sans devoir immédiatement s’installer, ni engager d’importants investissements matériels ou acheter une patientèle.

Ce fonctionnement temporaire permet de découvrir le quotidien du libéral, de se familiariser avec les outils de gestion (facturation, cotisations URSSAF, logiciel métier…) et d’évaluer l’adéquation avec son projet de vie.

Vous pouvez consulter ce guide complet sur l’infirmière libérale remplaçante pour mieux comprendre les démarches, les conditions et les bonnes pratiques.

 

Une tendance qui s’élargit aux professions paramédicales

Le phénomène ne concerne pas uniquement les infirmiers. Les kinésithérapeutes, souvent formés dans le cadre hospitalier, s’orientent très rapidement vers le libéral après quelques mois d’expérience, notamment pour des raisons économiques.

Les orthophonistes et psychomotriciens, souvent formés au sein d’établissements publics ou associatifs, suivent également ce chemin, attirés par des revenus multipliés par deux voire trois et une plus grande liberté dans l’approche thérapeutique.

Les plateformes numériques, la simplification des démarches (via des outils comme AmeliPro, e-CPS, ou les logiciels de télétransmission), ainsi que la demande croissante en soins à domicile, contribuent également à renforcer l’attractivité du libéral.

 

Quels défis pour le système de santé ?

Si cette transition répond aux aspirations individuelles, elle interroge aussi l’équilibre global de l’offre de soins. Le désengagement progressif de l’hôpital met en tension certains services, allonge les délais d’accès aux soins et accentue les inégalités territoriales.

L’État tente d’y répondre via des incitations à l’installation dans des zones sous-dotées, ou en développant des formes hybrides comme les maisons de santé pluriprofessionnelles. Mais le chantier est vaste, et les solutions restent encore fragmentaires face à une dynamique de fond.

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