Le titre-restaurant reste l’un des avantages salariés les plus courants, mais son fonctionnement est plus encadré qu’il n’y paraît. Combien l’employeur doit-il financer ? Faut-il atteindre un nombre minimum de salariés ? Un dirigeant peut-il en bénéficier ? Et combien de titres peut-on distribuer chaque mois ?
En 2026, une entreprise peut mettre en place des titres-restaurant dès son premier salarié. Leur attribution n’est toutefois pas obligatoire, sauf disposition conventionnelle ou engagement applicable dans l’entreprise. Pour bénéficier du régime social favorable, la participation de l’employeur doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre, dans la limite de 7,32 € par titre en 2026.
Les tickets-restaurant sont-ils obligatoires dans une entreprise ?
Non. Contrairement à une idée assez répandue, l’employeur n’est pas tenu de distribuer des titres-restaurant. Il peut organiser autrement la restauration de ses salariés, notamment avec un restaurant d’entreprise ou, selon les situations, une autre solution de prise en charge du repas.
Il n’existe pas non plus de seuil d’effectif à atteindre. Une TPE qui vient d’embaucher son premier salarié peut parfaitement mettre en place des titres-restaurant. La Commission nationale des titres-restaurant (CNTR) précise que le dispositif est accessible aux entreprises à partir du premier salarié.
C’est un point utile pour les petites structures : les seuils d’effectif que l’on rencontre en droit du travail pour le CSE ou certains locaux de restauration ne constituent pas une condition d’accès aux titres-restaurant.
Quelle part du ticket-restaurant doit être payée par l’employeur en 2026 ?
Le titre est cofinancé par l’entreprise et le salarié. Pour bénéficier de l’exonération de cotisations sociales prévue par le dispositif, l’employeur doit financer entre 50 % et 60 % de sa valeur faciale. Le salarié supporte donc les 40 % à 50 % restants.
En 2026, la contribution patronale est exonérée dans la limite de 7,32 € par titre. L’Urssaf indique ainsi que la valeur du titre permettant de profiter au maximum de l’exonération se situe entre 12,20 € et 14,64 €.
| Valeur du titre | Participation employeur | Part employeur | Participation salarié |
|---|---|---|---|
| 10 € | 5 € | 50 % | 5 € |
| 12 € | 7,20 € | 60 % | 4,80 € |
| 12,20 € | 7,32 € | 60 % | 4,88 € |
| 14,64 € | 7,32 € | 50 % | 7,32 € |
Il n’existe en revanche aucune valeur faciale minimale ou maximale imposée par la réglementation. Une entreprise peut donc choisir un titre de 8 €, 10 €, 12 € ou davantage. Dans la pratique, les entreprises ont intérêt à raisonner à partir du plafond d’exonération et du coût réellement supporté par le salarié.
Quels salariés peuvent bénéficier des titres-restaurant ?
Le dispositif ne concerne pas uniquement les salariés en CDI à temps plein. Les salariés en CDD, intérimaires, apprentis, stagiaires et télétravailleurs peuvent également en bénéficier.
La règle essentielle est ailleurs : un titre correspond à un repas compris dans l’horaire journalier de travail.
Un salarié à temps partiel travaillant de 9 h à 12 h n’a donc normalement pas droit à un titre pour cette journée. S’il travaille de 9 h à 14 h avec une pause déjeuner comprise dans son horaire, la situation est différente.
Même logique pour les absences. Aucun titre ne doit être attribué pour une journée de congé, de RTT ou d’arrêt maladie. L’Urssaf rappelle qu’un salarié peut recevoir un titre par journée travaillée ou télétravaillée lorsque le repas est compris dans son horaire.
C’est d’ailleurs un point de contrôle très concret en paie : attribuer systématiquement 20 ou 22 titres tous les mois sans tenir compte des congés et absences peut conduire à distribuer davantage de titres que le salarié n’en a réellement acquis.
Un dirigeant peut-il bénéficier des tickets-restaurant ?
C’est le point qui demande le plus de prudence.
Le Code du travail définit le titre-restaurant comme un titre remis par l’employeur à ses salariés. La CNTR considère donc qu’un mandataire social qui n’a pas la qualité de salarié au sens du droit du travail n’entre, en principe, pas dans le dispositif. Un dirigeant cumulant son mandat avec un véritable contrat de travail, pour des fonctions techniques distinctes et exercées dans un lien de subordination, peut en revanche en bénéficier.
La pratique est toutefois plus nuancée pour certains mandataires sociaux affiliés au régime général, notamment certains présidents de SAS ou gérants minoritaires. Une décision de la cour d’appel de Rouen publiée par la Cour de cassation mentionne explicitement une tolérance Urssaf permettant, sous certaines conditions, l’exonération de titres-restaurant attribués à des mandataires sociaux sans qu’un contrat de travail soit nécessairement recherché.
Il faut donc éviter de raisonner uniquement à partir de l’expression « assimilé salarié ». Pour un président de SAS/SASU ou un gérant de SARL qui souhaite bénéficier personnellement du dispositif, la situation mérite d’être validée avec le gestionnaire de paie ou l’Urssaf, notamment lorsque l’entreprise ne compte aucun autre salarié.
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Combien de tickets-restaurant peut-on donner ?
La règle est simple : un seul titre par repas compris dans l’horaire de travail journalier.
Pour un salarié travaillant 20 jours dans le mois, avec une pause repas comprise dans chacune de ses journées, l’entreprise pourra donc attribuer 20 titres. S’il prend trois jours de congés, le nombre tombe à 17.
Le télétravail ne change pas cette logique. Un salarié travaillant depuis son domicile bénéficie des mêmes règles dès lors que les conditions d’attribution sont remplies.
À vérifier avant de mettre en place les titres-restaurant
Une fois le montant et la participation de l’entreprise définis, reste à choisir l’émetteur. Les offres peuvent différer sur les frais facturés à l’employeur, les modalités de gestion, l’application proposée aux salariés ou encore l’accompagnement. Passer par un comparateur de titres restaurants permet de confronter ces critères avant de retenir une solution, plutôt que de se limiter à la valeur faciale des titres.
Sur le plan réglementaire, l’entreprise doit ensuite effectuer quelques contrôles simples : vérifier que chaque titre correspond à une journée comprenant un repas dans l’horaire de travail, déduire les jours d’absence, maintenir la contribution patronale entre 50 % et 60 % et surveiller le plafond annuel d’exonération Urssaf.
Il faut également formaliser des règles cohérentes pour les salariés placés dans des situations comparables. Un critère arbitraire, comme le simple fait d’avoir davantage d’ancienneté, ne doit pas servir à exclure certains salariés du dispositif.
Où et comment utiliser les titres-restaurant en 2026 ?
Le plafond d’utilisation reste fixé à 25 € par jour. Les titres sont normalement utilisables les jours ouvrables, sauf lorsque le salarié travaille le dimanche ou un jour férié et que l’employeur permet leur utilisation ces jours-là.
Autre particularité importante en 2026 : la dérogation permettant d’acheter tout produit alimentaire, qu’il soit directement consommable ou non, reste applicable jusqu’au 31 décembre 2026. Elle permet notamment une utilisation plus large dans les commerces alimentaires. Cette extension résulte de la loi du 21 janvier 2025.
Cette règle étant temporaire, une entreprise qui communique sur l’utilisation des titres auprès de ses salariés devra vérifier son éventuelle évolution à partir de 2027.
FAQ : les règles des tickets-restaurant en 2026
Quel est le montant maximum d’un ticket-restaurant en 2026 ?
Il n’existe pas de montant maximum légal pour la valeur faciale du titre. En revanche, la contribution patronale exonérée est plafonnée à 7,32 € en 2026. Pour obtenir l’exonération maximale tout en respectant une prise en charge de 50 à 60 %, la valeur du titre se situe entre 12,20 € et 14,64 €.
Peut-on donner des tickets-restaurant avec un seul salarié ?
Oui. Aucun nombre minimum de salariés n’est imposé. Le dispositif peut être mis en place dès le premier salarié de l’entreprise.
Un salarié en télétravail a-t-il droit aux tickets-restaurant ?
Oui, dès lors qu’il remplit les mêmes conditions d’attribution, notamment celle liée au repas compris dans son horaire journalier de travail. Le simple fait de travailler depuis son domicile ne permet pas de supprimer cet avantage.
Peut-on donner des tickets-restaurant pendant les congés ?
Non. Les jours d’absence, notamment les congés payés, RTT ou arrêts maladie, ne donnent normalement pas lieu à l’attribution d’un titre-restaurant.
Le salarié peut-il refuser les titres-restaurant ?
Oui. Un salarié n’est en principe pas obligé de les accepter. Un accord collectif peut toutefois prévoir des dispositions particulières. Service-Public recommande au salarié souhaitant les refuser d’en informer son employeur par écrit.
Ce qu’une entreprise doit retenir en 2026
Mettre en place des titres-restaurant reste relativement simple, y compris dans une très petite entreprise. Il n’existe aucun effectif minimum, mais l’attribution doit correspondre aux journées réellement éligibles.
Pour optimiser le dispositif sans sortir du cadre d’exonération en 2026, le repère essentiel reste une prise en charge patronale comprise entre 50 % et 60 %, plafonnée à 7,32 € par titre. La principale zone nécessitant davantage de vigilance concerne les dirigeants et mandataires sociaux : leur éligibilité ne doit pas être déduite automatiquement de leur statut d’« assimilé salarié ».
Dernière modification le 21 octobre 2026 par Benoit