Le paysage monétaire mondial évolue rapidement, relançant les discussions sur une éventuelle guerre des devises. Les traders, les analystes et les décideurs politiques observent attentivement le yen japonais, qui montre des signes de raffermissement après une longue période de faiblesse, et l’euro, qui fait face à de nouvelles pressions à la baisse dans un contexte de politiques monétaires divergentes et de croissance atone dans la zone euro. Ces dynamiques remodèlent les marchés des devises et, pour les traders, un yen fort ou un euro faible peuvent être synonymes à la fois d’opportunités et de dangers. Examinons de plus près les performances récentes des devises.
Les tensions s’intensifient entre les devises en 2025
Bien qu’aucune guerre des devises ne soit en cours actuellement, les tensions s’intensifient entre les différentes devises. D’une part, le dollar américain n’est pas affaibli intentionnellement. Au premier trimestre 2025, la Réserve fédérale et le Trésor américain ne sont pas intervenus sur les marchés des changes. Pourtant, le dollar a chuté d’environ 2 % sur une base pondérée en fonction des échanges commerciaux, principalement en raison de la contraction des primes de taux d’intérêt américains, d’une croissance américaine inférieure à celle de l’Europe et de l’incertitude croissante en matière de politique commerciale.
L’écart croissant entre les taux d’intérêt a maintenu le dollar à un niveau élevé, car les rendements américains restent élevés alors que les principales banques centrales, comme la BCE et la BoJ, ont annoncé des baisses et que l’Europe a commencé à assouplir sa politique. Contrairement aux guerres monétaires passées, où les banques centrales ont activement fait baisser leurs devises, il s’agit probablement d’un effet secondaire des divergences politiques. Pour les traders, cette divergence renforce également l’importance de surveiller de près les stratégies forex trading, car l’évolution des anticipations de taux dicte souvent le sentiment du marché à court terme.
Il existe actuellement un système multidevises dans lequel le dollar, l’euro et le renminbi font office de valeurs refuges régionales, sans qu’il y ait de prêteur de dernier recours clairement identifié à l’échelle mondiale. Les investisseurs se tournent vers les swaps de devises transfrontaliers, les blocs commerciaux régionaux et les monnaies numériques des banques centrales sur des plateformes telles que TradingView comme alternatives à la domination du dollar.
Les marchés monétaires asiatiques affichent une volatilité élevée. Le dollar taïwanais a bondi de 10 % en quelques jours, les assureurs taïwanais sont confrontés à un risque dollar non couvert et les autorités de Hong Kong ont mis en place leur défense monétaire la plus agressive depuis 2020.
La faiblesse du yen
Malgré les rumeurs d’un changement monétaire au Japon, le yen reste fondamentalement faible, oscillant autour de 147,4 yens pour un dollar américain. Cela représente une reprise fragile par rapport aux plus bas historiques proches de 160 yens fin 2024, mais cela est loin de signaler un renversement complet de la tendance.
Le faible niveau des taux d’intérêt au Japon, actuellement à 0,5 %, continue de contraster fortement avec les taux américains. Cela freine la demande pour le yen et maintient le carry trade, qui consiste pour les investisseurs à emprunter en yen pour investir dans des devises ou des actifs plus rémunérateurs.
La Banque du Japon s’est également orientée vers un resserrement monétaire en réduisant ses achats d’obligations et en revoyant à la hausse ses prévisions d’inflation. Les marchés anticipent une hausse potentielle des taux d’ici la fin de 2025, probablement au quatrième trimestre. Pour les traders, ce changement de politique au ralenti permet des opérations tactiques.
Les traders doivent surveiller le résumé des perspectives de la BoJ du 8 août, les données sur le marché du travail américain et le risque d’intervention de la BoJ. Le yen fait toujours partie du camp des « devises faibles », mais sa trajectoire n’est plus unidirectionnelle. Les traders doivent rester vigilants, car un revirement haussier de la BoJ ou un assouplissement de la Fed pourrait rapidement inverser le sentiment.
Dans le contexte d’une guerre des devises potentielle, le Japon pourrait marcher sur une corde raide, tolérant un yen faible pour aider les exportateurs, tout en préparant prudemment le terrain pour un cycle d’inflation domestique plus fort.
La force de l’euro
Contrairement au yen, l’euro effectue un retour significatif. Il s’échange actuellement à 1,157 dollar américain. Après avoir chuté à près de 1,139 dollar fin juillet, la paire EUR/USD a rebondi grâce aux anticipations accommodantes de la Fed et à l’amélioration du sentiment dans la zone euro.
La remontée de l’euro reflète en grande partie le recul général du dollar américain plutôt que la résilience de la zone euro. Les marchés anticipent désormais plusieurs baisses de taux de la Fed jusqu’en 2026, ce qui érode l’avantage du dollar en termes de rendement. Les résultats décevants de l’emploi américain le 1er août ont déclenché la plus forte hausse quotidienne de la paire EUR/USD depuis avril, renversant le sentiment en faveur de l’euro.
Après avoir abaissé ses taux à 2 % en juin, la Banque centrale européenne a signalé une pause dans son assouplissement monétaire. La BCE pourrait maintenir ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année, à moins qu’un choc ne justifie de nouvelles baisses. Cela a apporté un soutien à court terme à l’euro, même si les indicateurs de croissance sont restés faibles.
Les traders devraient surveiller les indications prospectives de la BCE, les données macroéconomiques américaines, l’inflation dans la zone euro et les indices PMI. Ils devraient également garder à l’esprit que les positions longues sur l’EUR/USD pourraient continuer à fonctionner si les données macroéconomiques américaines restent faibles et si la BCE évite un nouvel assouplissement. Si l’euro reste fort, les traders qui l’utilisent comme source de financement pourraient être confrontés à de fortes pressions.
Un euro fort est politiquement et économiquement délicat dans le contexte d’une guerre des devises. Il réduit l’inflation des importations, mais nuit aux exportateurs, en particulier lorsque la croissance européenne est déjà sous pression. Si l’euro continue de grimper alors que le yen ou d’autres devises restent faibles, la pression pourrait s’intensifier pour une réponse politique.
Naviguer sur les marchés des devises
Le yen reste faible, mais des forces latentes pourraient le renforcer dans le courant de l’année. L’euro a connu une forte reprise, davantage due à la faiblesse du dollar et à la prudence de la BCE. Pour les traders sur le marché des changes, l’interaction entre la faiblesse du yen et la force de l’euro consiste à interpréter la tendance macroéconomique. Parler de guerre des devises peut sembler alarmiste, mais les pressions sous-jacentes, telles que la divergence des politiques monétaires et la stagnation économique dans des régions clés, sont bien réelles. Tant que l’on reste informé, cette situation ouvre encore la voie à des transactions opportunes et rentables.