Vous avez peut‑être lu des alertes sur la progression des cancers chez les moins de 50 ans : celle-ci s’est intensifiée sur les trois dernières décennies. Selon une étude parue en 2023 dans le BMJ, l’incidence des cancers chez les jeunes adultes a augmenté de 79 % en trente ans à l’échelle mondiale.
En France, environ 15 000 personnes âgées de 20 à 40 ans sont touchées chaque année. L’étude EPI‑AJA (2000‑2020) indique un taux d’incidence standardisé monde (TSM) de 58,1 cas pour 100 000 personnes‑années chez les 15‑39 ans — bien inférieur à celui de la population plus âgée, mais révélateur d’une progression.
Tendances par type de cancer
Cancers en progression significative
L’analyse EPI‑AJA (2000‑2020) met en évidence des augmentations annuelles moyennes pour plusieurs tumeurs chez les 15‑39 ans : lymphomes de Hodgkin (+1,86 % par an), glioblastomes (+6,11 %), liposarcomes (+3,68 %), cancers colorectaux (+1,43 %), cancers du sein (+1,60 %) et cancers du rein (+4,51 %).
Le cancer colorectal a ainsi augmenté de près de 30 % en vingt ans, le cancer du sein de plus de 35 %, et celui du rein de plus de 120 %.
Prévalence en 2023 : points clés
Selon Santé publique France, en 2023 ont été recensés 969 nouveaux cas chez les 15‑19 ans, et 1 335 nouveaux cas chez les 20‑24 ans, sur un total de près de 433 000 cas dans la population générale. Si les jeunes restent proportionnellement peu nombreux, la tendance est à la hausse.
Mortalité et survie : un contraste selon l’âge
D’après le rapport de l’EFPIA (IHE 2025), la mortalité par cancer chez les jeunes de moins de 40 ans a diminué de près de 50 % ces dernières décennies en Europe, tandis qu’elle a augmenté chez les 65 ans et plus.
Au niveau européen, la mortalité globale par cancer devrait diminuer entre 2020 et 2025 de 3,5 % chez les hommes et 1,2 % chez les femmes. En France, le taux de mortalité standardisé est de 223 décès pour 100 000 habitants en 2021, légèrement inférieur à la moyenne européenne.
Quels sont les facteurs explicatifs ? démographie et comportements
La principale raison de l’augmentation globale des cancers en France demeure le vieillissement et la croissance de la population, responsables de 78 % de l’évolution chez les hommes et de 57 % chez les femmes entre 1990 et 2023.
Cependant, chez les jeunes, d’autres facteurs sont mis en cause :
- Obésité, sédentarité, alimentation déséquilibrée ; une hypothèse avancée pour l’augmentation des cancers digestifs et rénaux.
- Tabac, alcool, notamment chez les femmes, ainsi qu’une exposition environnementale (pollution, perturbateurs endocriniens) : certaines patientes et associations alertent sur l’insuffisance de la prévention collective à cet égard.
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Prévention et perspectives du cancert chez les jeunes
L’Institut national du cancer (INCa) souligne le rôle central de la prévention dans la réduction des cancers évitables, estimés à 170 000 cas potentiellement évitables par an, avec un objectif de diminuer ce nombre de 60 000 cas d’ici 2040.
Les projections globales tablent sur une hausse de 12 % du nombre de cas chez les moins de 40 ans d’ici 2050, et une augmentation globale de l’incidence de ~13 % entre 2020 et 2025 à l’échelle mondiale.
Enjeux pour les jeunes : un tableau contrasté
Rareté relative
Malgré l’augmentation, les cancers chez les 15‑39 ans restent peu fréquents comparés aux plus de 60 ans, où se concentre la majorité des cas.
Tendances variées selon le type
Certains cancers (thyroïde, testicule, lymphomes, etc.) progressent davantage, tandis que d’autres stagnent ou diminuent dans cette tranche d’âge.
Meilleure survie
Les jeunes bénéficient souvent de meilleurs taux de survie à cinq ans, notamment pour cancers sensibles aux traitements (testicule, lymphome, thyroïde).
En définitive, les cancers chez les jeunes adultes en France illustrent une tendance à la progression modérée mais significative, surtout dans certaines localisations telles que le sein, le colorectal ou le rein. L’incidence reste relativement faible mais en augmentation constante, portée par des facteurs comportementaux, environnementaux et l’amélioration du dépistage.
Vous pouvez toutefois être rassuré : la mortalité chez les moins de 40 ans diminue, la survie s’améliore, et la recherche avance sur des pistes nouvelles. Néanmoins, il demeure crucial de renforcer la prévention collective, d’investir dans la recherche sur les facteurs environnementaux et de sensibiliser les jeunes aux signaux d’alerte.
Quelques sources officielles utilisée pour rédiger cet article :
- Institut national du cancer (INCa)
- Santé publique France
- Etude EPI‑AJA (2022)
- EFPIA / IHE Comparator Report 2025
- BMJ Global Youth Cancer Study 2023
- The Lancet Oncology, déc. 2024
- OCDE, rapport sur la santé 2023